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31 Mars 2011
Soltanto il mare (Seulement la mer) : hommage à l'ile de Lampedusa à travers le regard d'un migrant
Jeudi 31 mars, à 20h30, la Casa del Cinema (la maison du cinéma) de Rome accueille la présentation de Soltanto il mare (Seuleument la mer), un documentaire  réalisé par Dagmawi Yimer, Giulio Cederna et Fabrizio Barraco, et les musiques de Nicola Alesini. Le film, produit par Archivio Memorie Migranti (Archives des mémoires migrantes) de Asinitas, Alessandro Triulzi et Marco Guadagnino, en collaboration avec lettera27 pour le projet Confini, a été entièrement tourné à Lampedusa à deux moments particuliers qui représentent bien le rôle de cette petite ile dans la méditerranée : tout le long de 2010, période dans laquelle l'ile était oubliée car elle avait cessé d'être à la une concernant les migrations, et dès le début de 2011, lorsque les débarquements et les rebellions nordafricaines l'ont catapultée à nouveau sur tous les médias.

Le film a reçu le prix du public à Salina DocFest et a été reconnu pour être le meilleur film dans la section migrants et voyageurs au Festival du cinéma africain de Vérone. C'est un hommage à la petite ville éclatée de Lampedusa et aux différentes réalités qui s'entrecroisent dans ce territoire mais qui trouvent rarement un point de rencontre. Comme la réalité de Dagmawi Yimer, le metteur en scène éthiopien qui est a débarqué clandestinement à Lampedusa en 2006, suivant un chemin parcouru par beaucoup d'autres avant lui et la réalité des habitants de l'ile qui vivent au quotidien l'expérience d'une terre qui est devenue malgré eux l'aboutissement de ces voyages.

le film raconte l’arrivée de Dagmawi Yimer à Lampedusa, entré en clandestin en 2006 et resté 7 jours dans l'ex centre d'accueil de l'ile, mais ce n'est pas lui le protagoniste. Au coeur de Soltanto il mare il y a le regard de Dagmawi sur Lampedusa, l'histoire d'un regard et surtout celle de son changement.

“Jours après jours l'ile s'ouvre et nous offre de nouvelles histoires, des situations inattendues, des courts circuits. Au migrant tout frais de débarquement l'ile est apparue avec ses hotels, ses bateaux, ses touristes comme l'avant-garde du bien-être; à sa caméra  la même ile se dévoile bien problématique. Il l'avait imaginée comme la frontière du progrès, il la retrouve isolée du monde, avec un regard nostalgique penché vers le passé et une fraiche couche de vernis déjà rongée par le sel.” notes de régie.

L'illustrateur Paolo Castaldi, auteur de la nouvelle graphique Etenesh, L''odissea di una migrante (L'odyssée d'une migrante) publiée  par BeccoGiallo, et qui a réalisé la superbe illustration reportée sur les cartes promotionnelles du film, participe aussi au soutien du projet.

La rencontre veut aussi focaliser l'attention sur l'émergence qu'est en train de vivre Lampedusa, coincée entre une crise humanitaire historique, la guerre si proche, et une politique qui utilise le sensationalisme de l'urgence pour oublier par la suite. Une situation pour laquelle il y a le devoir morale et politique de ne pas laisser l'ile seule. Parmi les invités: Giuseppe Balistreri, charpentier à Lampedusa, Giacomo Sferlazzo, chansonnier et représentant de l'association locale Askavusa, Riccardo Noury, porte-paroles de la section italienne de Amnesty International et Valerio Neri, directeur général de Save The Children Italie.

Pendant qu'il filme, Dagmawi découvre que l'ile de Lampedusa est à l'opposé de comment il l'avait perçue au temps de son débarquement : ce n'est pas la destination de l'avant-garde du bien-être, mais seulement une petite ile avec plein de problèmes à résoudre qui n'ont rien à voir avec les débarquements. Géographiquement plus proche de l'Afrique que de l'Europe, victime des distorsions des médias et de la politique,  ordinaire administration  lorsqu'on parle d'immigration en Italie. Le regard du film, le regard de Dagmawi rencontre les gens, écoute les vies, observe, pêche chaque jours les histoires et les personnages d'une ile qui jours après jours se déploie et se laisse raconter... et on découvre que sur l'ile plus personne ne nait, et que même les jeunes de Lampedusa au fond, sont tous des “immigrés”.


Image: illlustration par Paolo Castaldi
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